Février 2018, Volcaniques » Une anthologie du plaisir.

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 « Volcaniques »  Une anthologie du plaisir

 

Invités : Axelle Jah Njiké, auteure de la nouvelle « Païenne » dans « Volcaniques« , développe des contenus éditoriaux sur la parole des femmes, également membre du CAMS (Commision pour l’Abolition des mutilations sexuelles). Marie Dô, auteure de la nouvelle « Ta bouche sur mon épaule gauche » dans « Volcaniques« , et de plusieurs romans édités chez Plon, elle a été danseuse professionnelle en France, et aux Etats-Unis (Alvin Ailey American Dance Theater). Une jeune fille adolescente sera également présente pour participer aux débats

« Volcaniques – Une anthologie du plaisir » est un recueil de 12 nouvelles, édité aux éditions Mémoire d’Encrier à Montréal en 2015 sous la direction de Léonora Miano. Le projet éditorial au départ est de rassembler sur un même ouvrage douze femmes noires d’origine très diverses : Camerounaise, Franco-Camerounaise, Sénégalaise, Française-Guinéenne, Guadeloupéenne, martiniquaise… pour parler au travers de l’écriture d’une nouvelle, de la sexualité féminine.

A la lecture de ces pages disons-le tout de suite il n’apparait pas qu’il existe de fait une sexualité noire et c’est peut-être l’une des premières conséquences de cet ouvrage de battre en brèche au passage quelques clichés et fantasmes qui pourraient perdurer. Chacune en effet devrait pouvoir s’y retrouver à la lecture de ces pages et certainement chacun aussi bien en miroir. Ici la diversité des nouvelles rendent compte d’une même diversité de points de vue et d’axes retenus sur la sexualité féminine. De la rencontre sexuelle vécue comme une symbiose, une expérience presque mystique, à la violence des émotions exacerbées de la passion, en passant par la sexualité pratiquée comme un passe-temps avec en toile de fond certaines régions éloignées d’Afrique, sur lesquelles l’auteur pose un regard politique et sociologique acerbe, à la transmission de l’expérience du plaisir entre génération, à la découverte de sa propre sexualité et de l’érotisme par la simple lecture d’ouvrages littéraires, à la négation de sa propre sexualité offerte sans retenu aux autres, suite au traumatisme du viol, ou encore à la simple mécanique sexuelle et au rapport d’argent, la sexualité s’ouvre ainsi ici à un large champs de réflexions et d’interrogations alors même que le corps et le plaisir demeurent bien au centre de chacune de ces nouvelles.

 

Nous prendrons encore en suivant  un temps afin de parler avec Axelle Jah Njiké de la lutte pour l’abolition des mutilations sexuelles et de la question de l’excision encore très présentes dans de nombreux pays du monde, pratiques revenant finalement à nier à la femme le droit au plaisir et à la sexualité.