A la lecture de ces pages disons-le tout de suite il n’apparait pas qu’il existe de fait une sexualité noire et c’est peut-être l’une des premières conséquences de cet ouvrage de battre en brèche au passage quelques clichés et fantasmes qui pourraient perdurer. Chacune en effet devrait pouvoir s’y retrouver à la lecture de ces pages et certainement chacun aussi bien en miroir. Ici la diversité des nouvelles rendent compte d’une même diversité de points de vue et d’axes retenus sur la sexualité féminine. De la rencontre sexuelle vécue comme une symbiose, une expérience presque mystique, à la violence des émotions exacerbées de la passion, en passant par la sexualité pratiquée comme un passe-temps avec en toile de fond certaines régions éloignées d’Afrique, sur lesquelles l’auteur pose un regard politique et sociologique acerbe, à la transmission de l’expérience du plaisir entre génération, à la découverte de sa propre sexualité et de l’érotisme par la simple lecture d’ouvrages littéraires, à la négation de sa propre sexualité offerte sans retenu aux autres, suite au traumatisme du viol, ou encore à la simple mécanique sexuelle et au rapport d’argent, la sexualité s’ouvre ainsi ici à un large champs de réflexions et d’interrogations alors même que le corps et le plaisir demeurent bien au centre de chacune de ces nouvelles.
Nous prendrons encore en suivant un temps afin de parler avec Axelle Jah Njiké de la lutte pour l’abolition des mutilations sexuelles et de la question de l’excision encore très présentes dans de nombreux pays du monde, pratiques revenant finalement à nier à la femme le droit au plaisir et à la sexualité.
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